EVS-AVS Groupe travail 4: Et si, pour un accompagnement de qualité, il nous fallait parler des accompagnants ?
Publié le 3 Décembre 2012
29 novembre 2012 - Ministère de l'Education Nationale – Paris
Groupe de travail " Professionnaliser les accompagnants pour la réussite des enfants et adolescents en situation de handicap"
Rencontre n°4: « Et si, pour un accompagnement de qualité, il nous fallait parler des accompagnants ?»
« 4 types d’accompagnants sont identifiés par l’UNAEVS.
Les pragmatiques: Souvent un primo-emploi (18-25 ans) ou un emploi dit de pause dans un parcours personnel difficile. Leur investissement correspond bien souvent à leur préoccupation professionnelle de l’instant.
Les invisibles: Leur emploi est considéré comme un contrat de travail comme un autre. En cours d’emploi, ils arrivent souvent à une attitude de désenchantement et ils sont très marqués d’être aussi peu considérés par l’EN.
Les j’y suis, j’y reste: Ils sont mus par un désir de reconnaissance et la sécurité du statut de fonctionnaire. Ils s’investissent beaucoup et attendent tout autant de l’EN. Ils se heurtent à la réalité de leur contrat de travail et du manque de reconnaissance de la profession d’accompagnant scolaire.
Les décidés: Ils constituent la majorité des accompagnants. Ils considèrent leur emploi comme tout le monde avec valorisation et considération. Ils cherchent à mettre en valeur les compétences acquises et découvrent pleinement les secteurs de l’Education et/ou du médico-social. Ils sont en général attachés au fait de pouvoir mettre en avant les compétences acquises dans le cadre d’une VAE .»
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Je suis assez d’accord avec cette classification. Néanmoins, je pense que ces catégories ne sont pas imperméables et que l’on peut passer par différentes phases avant de comprendre les enjeux de cette expérience et de profiter pleinement des opportunités que cela représente. Il faut savoir mettre de côté les aspects négatifs induits par la précarité du statut et prendre un peu de recul. L’avenir professionnel est à prendre rapidement en compte. Le rôle du conseiller en insertion qui est censé suivre les bénéficiaires de contrats aidés est primordial. Il permet de gagner en visibilité et de poursuivre par un parcours professionnel ou une formation complémentaire. Construire à terme un projet personnel cohérent est indispensable pour ce type de contrats précaires. C'est un bon moyen de se former par la suite aux métiers de l'animation (BAFA, BPGEPS, DEGEPS ...) ou de l'aide à la personne (aide-médico psychologique, aide-soignant ...).
Ce document permet de mettre en avant différents points qu’il serait intéressant de souligner. Je pense les développer par la suite afin de proposer un document de synthèse sur la fonction d’EVS, assistant d’éducation & Co.
Les problématiques posées par le manque de formation et reconnaissance des accompagnants
Il est également soulevé dans ce document de travail n°4 le fait que les accompagnants soient avant tout des autodidactes. En effet, les AVS & Co se trouvent directement mis en situation professionnelle sans aucune formation préalable. Rien n’est simple surtout pour ceux qui se trouvent avec des handicaps vraiment compliqués à gérer comme l’autisme et ses différents troubles. Avant de trouver leurs marques avec leurs élèves, cela doit être assez difficile à vivre …
Il faut également savoir que certains enseignants peuvent voir les bénéficiaires de contrats aidés comme étant avant tout des adultes en situation de précarité et non comme des accompagnants professionnels sur lesquels ils peuvent véritablement compter. La multiplication de ces contrats au sein des établissements scolaires depuis les TUC jusqu’au CAE actuels, font que certains voient ces contrats comme des « collègues de seconde zone » peu ou pas formés qui ne font que passer. Les enseignants n’ont suivi aucune formation pour optimiser cette aide au sein de leur classe. La précarité de ces contrats fait qu'il est plus long et compliqué d'avoir de véritables rapports de professionnels avec les enseignants.
Il faut savoir resté à sa place, faire preuve de ses compétences et ainsi pourra se mettre en place une véritable relation de confiance qui permettra à tous de profiter pleinement de cette coopération. AVS, enseignants, élèves accompagnés et le bloc classe pourront ainsi profiter au mieux de cette aide qui peut être précieuse. J'ai la chance d'avoir pu développer des telles relations avec des enseignants soucieux du bien-être et du bon développemet de l'élève.
Bien souvent, aucun point n’est fait lors de l’intégration dans une école des compétences préalables de l’AVS, ni des bases de l’accompagnement. Il faut bien dire que la préoccupation majeure de certains directeurs lors des l’intégration des EVS & Co est plus la formation à la photocopieuse que de donner les bases de l’accompagnement au savoir en mathématiques, en français et au vivre ensemble.
Seule une reconnaissance de la profession d’accompagnant scolaire et la pérénisation de ces métiers permettront une véritable reconnaissance nationale auprès de l'Education Nationale et des des enseignants pour une optimisation des relations enseignant-accompagnant-élève accompagné et l’ensemble de la classe. Une véritable aide peut être effectuée dans l’acquisition des fondamentaux. Soit en intégrant par exemple un ou deux élèves ponctuellement avec l’élève accompagné et/ou en surveillant et accompagnant la classe dans un travail en autonomie pendant que l’enseignant s’occupe d’un groupe de travail en renforcement.
Savoir trouver sa place dans la classe
Il est également fondamental de savoir rester à sa place et trouver sa place avec l‘enseignant, l‘élève accompagné et la classe. Un jour, un élève a fait la remarque qu’une classe c’était « un peu comme une famille » et il avait parfaitement raison.
Une classe est une précieuse alchimie entre les élèves et l’enseignant. A nous, de savoir trouver notre place dans cet équilibre. Si l’intégration se fait en début d’année, c’est plus simple de trouver ses repères. Si l’intégration se fait en cours d’année, c’est plus compliqué car l’équilibre est déjà existant et cela a été fait sans vous. Il faut aussi prendre en compte l’avancement du programme et l’acquisition des fondamentaux de l’élève accompagné.
L’indispensable acquisition des fondamentaux
La première année ou l’on travaille, il est rare de savoir qu’il est important de faire le point dès le début des fondamentaux en mathématiques et en français de l’élève accompagné et ce en fonction du niveau de classe. Sans les fondamentaux, il est utopique de croire que l’on peut accompagner efficacement un enfant.
Il est donc nécessaire de savoir trouver du temps pour le renforcement des ces notions indispensables. Il est également indispensable que l’enseignant en soit conscient et qu’il accepte qu’un accompagnement spécifique, en marge de l’enseignement de la classe soit mis en place. Ne faire que suivre « en courant » le programme avec un élève qui n’a pas intégrer les fondamentaux est un pis-aller. On lui permettra de vivre une scolarité dans l’illusion qu’il comprend un peu alors qu’il ne fait que survoler les notions sans en posséder les indispensables bases.
Le manque d’informations sur le handicap de l’enfant accompagné
Il est également intéressant de soulever le problème du secret médical. En son nom, la majorité des accompagnants n’ont bien souvent aucune information sur le handicap des enfants qu’ils accompagnent. C’est tout de même une incohérence que de ne pas avoir accès à une simple synthèse des troubles identifiés des enfants afin d’adapter plus précisément et rapidement son comportement.
Avoir des professionnels qualifiés pour l’accompagnement scolaire des enfants en situation de handicap
Le fait que ce type de contrats soient essentiellement réservés aux contrats aidés fait qu’il est impossible d’avoir des professionnels qualifiés. Le turn-over est tel ainsi que l’absence d’une véritable formation font que l’accompagnement de ces élèves est loin d’être optimisé. Il serait intéressant de développer des compétences en orthophonie, psychologie, pédagogie, les fondamentaux en mathématiques et français … Plus l’élève accompagné est dans une classe élevée et plus son accompagnement demande la maîtrise de notions précises en mathématiques et français. Le renforcement d’un bon niveau de base est indispensable. Par ailleurs, l’accompagnement sur le chemin du savoir est bien spécifique. Il faut savoir justement doser entre accompagnement et autonomie et ne pas tomber dans le piège d’une aide automatique et trop complète. Il faut savoir laisser la place à la réflexion et la compréhension par l’élève lui-même de la problématique étudiée. Cela s’apprend également avec le temps.
Regarder les enseignants travailler afin de mieux comprendre l’art d’apprendre
Il est d’ailleurs, très intéressant de profiter de sa place de témoin privilégié pour observer l’enseignant travailler et comprendre sa méthodologie. Plus vous aurez de classes à suivre et plus vous apprendrez. Vous devrez également faire preuve de bonnes capacités d’adaptation.
Comment l’enseignant fait-il pour expliquer, donner envie d’apprendre et de comprendre, recadrer ses élèves … La liste est longue et il est plus que probable que vous apprendrez autant que les élèves de cette expérience professionnelle.
Suite de la réflexion lors d’un prochain billet de blog.
Bien à vous,
Fangommette
George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite éducative, et Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des ...